Bleu (1993)

Décidemment, je ne sais pas pourquoi, après un été plutôt frisquet, cette chaude rentrée me donne envie de me replonger dans des instants passés, au lieu de me concentrer sur l'avenir, comme la plupart le font.

Peut-être est-ce l'actualité du monde, bien sombre, qui se déploie comme un paravent, m'empêchant de distinguer l'avenir à court terme.

Peut-être est-ce la fragilité de nos êtres qui me fait me rappeler que je suis moi aussi une charpente bien fragile, comme un roseau dans la tempête.

Tout ça pour dire qu'hier soir, j'ai eu envie de revoir "Bleu", de Krzyszof Kieslowski, mettant en scène une lumineuse Juliette Binoche. Ce film, j'ai dû le voir une vingtaine de fois, et à chaque séance, je retrouve la même émotion. Je suis loin de l'indifférence que l'on peut ressentir devant une "redif", car Julie-Juliette, émouvante dans son désespoir, me donne une leçon de choses. Ce film, et tous ceux de Kieslowski, agit sur moi comme un baume sur une plaie.

Peut-être est-ce la bande-son, lancinante. Peut-être est-ce la lumière réfractée d'azur qui miroite tout au long du film.

Peut-être est-ce le souvenir des circonstances de la première fois où j'ai vu ce film, dans une salle parisienne du 15ème. Peut-être est-ce le regard de cette mère qui lutte contre ses souvenirs et qui découvre une voie pour retrouver l'envie de vivre.

J'éteins la télé. Il faudra que je me l'achète en DVD.

4 commentaires:

  1. ***Je ne sais pas lequel de la trilogie j'ai préféré. Sans compter le décalogue qui m'avait profondément ébranlé par sa force en petits formats (moyens métrages au départ). Kieslowski était un remarquable réalisateur. Merci de l'évoquer et ramener ainsi tant d'images à la surface de la conscience.
    berlioz (09.13.05 - 10:44 pm)

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  2. ***Berlioz : je suis heureuse que tu apprécies comme moi ce réalisateur hélas disparu. Mon film "révélation" de lui, fut "La double vie de Veronique", vu dans une toute petite salle parisienne de la rue de l'épée de bois. Je suis ressortie de là, enchantée et morose, mélange de sentiments que je laisse vivre en moi.
    wictoria (09.14.05 - 4:02 pm)

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  3. Merci d'aimer Kieslowski, Wictoria, et Resnais bien sûr, vous en parlez très bien comme tout ce que vous faites, votre journal est élégant, votre style me laisse pantois et vos fictions sont désarmantes. Je viens chez vous avec le sentiment de m'y retrouver en sécurité sans violence ni vulgarité, comme dans le Village de Shyamalan, c'est votre univers discret raffiné esthétique, vous ressemblez à ces héroïnes qui vous touchent, lumineuse comme Irène Jacob, bouleversante comme Juliette Binoche, avec la belle énergie de Sabine Azema et la fantaisie de Diane Keaton,mais vous êtes bien plus que tout cela, morose enchantée!

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  4. Morose enchantée" ! j'aime cette définition, merci de m'avoir baptisée d'un si bel oxymore :)

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