Manhattan (1979)

Je devais avoir 15-16 ans quand j'ai vu Manhattan, de Woody Allen, pour la première fois au cinéma en version originale. Au souvenir de ce film, j'ai un sentiment de joie très réel et stupéfiant quasi impossible à expliquer. Sans doute la vision de la tendresse de ma jeunesse, à l'aube d'une liberté imaginée et quelque fois réalisée.

J'ai acheté le film en DVD très récemment, à un prix très modique (moins de 10 euros à la Fnac) et je l'ai revu dimanche dernier. D'abord en français, puis en VO. Je vous explique. J'ai été surprise et agacée de constater que la voix française de Mariel Hemingway (Tracy) est celle qui double Melissa Gilbert (Laura Ingalls dans la petite maison dans la prairie). Cela m'a horriblement contrariée car je trouve que cette voix ne "colle" pas du tout au personnage. Ainsi, j'ai voulu dans la foulée revoir le film en VO pour oublier cette impression !

Rhapsody in blue, la superbe composition de Gershwin, m'a fait plonger encore plus loin dans ce sentiment de béatitude où toutes les vies pouvaient être à moi. Pour peu que je m'en donne les moyens et la volonté. Que la jeunesse est "formidable" dans sa conception de l'humanité et du destin que l'on peut espérer !

Quelques répliques qui m'ont fait sourire et que j'ai notées à la volée :
  • ...vous en connaissez des gens géniaux ; vous devriez fréquenter des imbéciles, cela vous ferait voir du pays... (Isaac à Mary)
  • ...c'est un orage magnétique, vous voulez finir dans un cendrier ? (toujours Isaac à Mary, tentant d'éviter les éclairs)
Désopilantes aussi les réparties au sujet du cancer, lorsqu'à plusieurs reprises, Issac met en garde contre des choses aussi diverses que la cigarette, les saucisses de Francfort (^^) et le Valium.

Et Meryl Streep (Jill), magnifique, qui se mettait déjà en ménage avec une femme, quelques années avant son rôle dans Kramer contre Kramer... Le "PACS" avant l'heure, décidemment, ils sont toujours en avance ces américains...

Et Diane Keaton (Mary) perdue d'illusions dans sa quête d'un amour stable et pas trop compliqué, mais est-ce raisonnable ?

Revoir ce film m'a fait du bien. C'est pourtant un film plutôt morose, répandant des névroses comme autant de graines qui ont toutes les chances de germer, arrosées par la réalité incessante de nos désillusions. Pour ma part, j'ai eu l'impression d'être à nouveau dans la salle à Nancy, avec mes amies Carole et Isabelle, mes "copines" de l'époque. Ce sont toujours mes amies d'ailleurs. Je me demande si elles se souviennent de ce film autant que moi.

8 commentaires:

  1. Je n'ai pas vu "Manhattan" mais deux ans auparavant (1977) j'avais vu "Annie Hall" de Woody Allen. J'avais bien apprécié le film et d'ailleurs Diane Keaton aussi. mais il y a 30 ans de celà !
    Par deux fois j'ai acheté des films qui m'avaient enthousiasmé dans ma "jeunesse" et j'ai été déçu. Donc je préfère garder un bon souvenir de ces films et ne pas les revoir (j'ai failli céder récemment devant "Alexandre Newski" d'Eisenstein, j'avais 10 ans quand je l'ai vu, mais j'ai résisté).

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  2. C'est étrange Didier ce que tu mes dis, j'aurais cru que tu irais jusqu'au bout d'une envie, cela dit je n'ai pas vu "Alexandre Newski"...

    Par contre, j'ai vu "Johnatan Livingstone le Goëland", celui là, c'est sûr je ne l'achèterai pas : je me suis endormie dans la salle ;-)

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  3. Ah ! Il faut bien parfois résister à ses envies !
    Dans le cas présent "Alexandre Newski" est un film de 1938 ! C'était donc un vieux film quand je l'ai vu à l'âge de 10 ans. J'avais été impressionné par la scène de la glace du lac cédant sous la charge des chevaliers teutoniques. Cette scène m'est toujours restée en mémoire, mais je pense que la revoir tout en sachant ce que les effets spéciaux peuvent maintenant produire, ne pourrait, je pense que me décevoir.

    Pour moi, le type même du film soporifique (mieux que les cachets) c'est "DOGVILLE" de LARS VON TRIER. C'est de l'Art paraît-il. Gloup !

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  4. Très belle critiques (avec celle de Tween. Vous m'avez donné l'envie de revoir le film dont sincèrement j'avoue ne pas avoir gardé un grand souvenir

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  5. Longtemps, j'ai été une inconditionnelle de Woody Allen, j'allais voir absolument tous ses films, année après année. Dernièrement, un petite désaffetion, suite à qq millésimes un peu faiblards, mais globalement, un grand bonhommme !
    Le premier que j'avais vu, comme Didier, c'était Annie Hall, et je me souviens de la jubilation ressentie à le découvrir. Quant à Manhattan, je l'ai revu plusieurs fois, la dernière en date étant la plus étrange : à Oaxaca, au Mexique, dans une sorte de salle de patronage, assis sur des bancs de bois rudimentaires, en VO sans sous-titres avec un son pourri...

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  6. Guess : certains films me rappellent en général des moments précis, un peu comme des indices dans le temps qui passent, celui là est un de ceux là...

    Fuli : je suis heureuse de partager avec toi cet intérêt des films de Woody, je t'imagine aussi bien dans cette salle aux bancs de bois !

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  7. Ah, un de mes Woody Allen préférés !
    J'ai découvert ce film il y a deux ou trois ans seulement et j'ai conservé des images sur ma prunelle.

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  8. Holly : et sans doute la mélodie dans tes oreilles...

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