Jane Eyre (BBC, 2006)


  • Réalisateur : Susanna White
  • Genre : romance, drame
  • Année : 2006
  • feuilleton en 4 épisodes de 60 mn
L'histoire
Angleterre victorienne. Après avoir connu la perte de ses parents, puis de son oncle, Jane Eyre devient indésirable dans la famille de sa tante et de ses cousins-cousines qui la maltraitent. Très jeune, elle est placée dans l'affreux pensionnat Lowood où elle reste jusqu'à ce qu'elle trouve une place de gouvernante à Thornfield. Jane a 20 ans.
Jane Eyre (Ruth Wilson)
Elle y fait la rencontre de sa jeune élève Adèle, la fille d'une ancienne maîtresse française d'Edward Rochester, le maître des lieux qui en est absent. Rochester finit par rentrer, et très vite, une grande complicité unit Jane et Edward, qui a le double de son âge. Elle l'aime et l'admire et ne peut imaginer vivre loin de Thornfield. De son côté, lui qui passait son temps à voyager paraît maintenant tout prêt à s'installer, et une certaine Miss Ingram, riche et belle, semble être l'élue.
Edward Rochester (Toby Stephens)
Mais c'est Jane qu'Edward aime réellement et qu'il demande en mariage, avant que celui-ci ne soit interrompu et empêché car Edward est déjà marié, avec une femme démente qui vit recluse dans le château. Désemparée, Jane s'enfuit, est recueillie par une fratrie qui s'avère être formées par des cousins à elle. Un an après, lorsque Jane apprend qu'Edward, qui a tenté désespérément de la retrouver, vit à présent blessé et défiguré (et veuf), elle part le rejoindre ; les deux amoureux peuvent enfin s'unir.

Mon avis :
Adaptation assez fidèle et très réussie du roman de Charlotte Brontë, cette série de 4 épisodes est une heureuse surprise, et l'occcasion de replonger dans un univers très romantique, univers qui fut le mien vers 12-13 ans lorsque je découvris - avec bonheur - l'histoire de Jane Eyre. Malgré les raccourcis, les coupes, quelques rajouts, il reste au final cette émotion, ce mouvement dans la poitrine qui fait soupirer et dire, qu'est-ce que c'est beau ! Tout cela est rendu possible grâce aux acteurs, tous très bien choisis, qu'ils aient un rôle secondaire ou principal.
Personne mieux que Toby Stephens n'a à ce jour mieux  incarné Rochester, et qui lit désormais Jane Eyre verra danser devant ses yeux la silhouette grise et lumineuse de Ruth Wilson.

Des images superbes, des acteurs qui donnent corps aux personnages passionnés du roman. Mais regardons de plus près quelques photos piquées aux moments que je trouve émouvants.

Abandonnée à elle-même dans la maison de sa tante, la petite Jane se réfugie dans la lecture.
Jane Eyre (Georgie Henley)
-vue dans Narnia-
Mais la tante finit par se débarrasser d'elle et Jane se retrouve à Lowood, elle y fait connaissance de Helen Burns qui va mourir de la tuberculose. Les années passent, on voit Jane enseigner aux nouvelles pensionnaires, puis on la voit en partir pour Thornfield, un magnifique domaine comme il n'en existe que dans les romans.
Jane y trouve une atmosphère presque inquiétante, et surprend souvent le flot rouge d'un foulard que personne d'autre ne semble voir.
Les nuits font ressortir des cris et des évènements pour le moins inhabituels et Jane n'est pas du genre peureuse, elle n'hésite pas à sortir de sa chambre en quête de la vérité. En cela je la trouve tout à fait moderne et aventurière, pas du tout timorée comme on pourrait imaginer une pauvre orpheline qui ne sait rien de la vie.
Bien entendu, il faut s'attendre à tout dans de telles expéditions nocturnes et Jane va sauver des flammes son cher maître qui semble bien près à croire au ciel et à ses anges, enfin, un en particulier. Entre ces deux là, un lien spirituel se dessine, qui ne s'effacera pas et qui réapparaîtra à d'autres moments. On sent très bien à quel point le désir d'être ensemble combat la morale de l'époque.
Epoque qui faisait que seul le désir et les bougies avaient le droit de se consummer.
Blanche Ingram (Christina Cole)
-vue dans Emma, Lost in Austen-
Mais voilà Edward qui a finit de tergiverser, après avoir un temps paru intéressé par la jeune et riche Blanche Ingram, il finit par demander à Jane de l'épouser, non sans l'avoir un peu laisser mariner dans son jus (ses larmes), je ne l'ai pas trouvé très fair play dans ce passage car après lui avoir fait comprendre qu'elle devait partir, Jane pleure, et enfin, il lui demande sa main. Non mais je vous le demande, est-ce une façon ?
(le livre apprend clairement qu'il voulait la rendre jalouse, et bien c'est réussi car moi je l'aurais été !
...j'ai feint de faire la cour à Mlle Ingram parce que je voulais vous rendre aussi follement amoureuse de moi que je l'étais de vous ; or je savais que la jalousie serait le meilleur allié que je pusse appeler à mon aide pour arriver à cette fin. chapitre XXIV. Ch. Brontë ).
Bon, il se rattrappe un peu en se montrant passionnément amoureux, Jane et lui n'arrêtent pas de s'embrasser (comme dans le roman).

Et le jour J arrive, et avec lui le destin funeste de nos amoureux ! car voilà notre Edward, ayant déjà été marié, rendu incapable d'épouser Jane, foi de notaire...
Coup dur pour Jane qui décide de s'enfuir dans la lande, les moors, une vraie héroïne à la Wuthering Heights.
Tout le temps que dure sa "retraite", Jane repense aux derniers moments partagés avec son seul amour, juste après le fiasco du mariage, des flashback très émouvants, caméra proche des visages éclairés par un feu que l'on ne peut laisser prendre
de peur de s'y brûler (l'âme, forcément). Bah ! quelle morale mes amis, quelle morale ! Les Rivers qui recueillent Jane ne peuvent la garder indéfiniment loin de Thornfield où ses rêves la portent, jusqu'à la réveiller en pleine nuit, comme si un fantôme l'appelait.
St John Rivers (Andrew Buchan)
Et ce n'est pas le jeune et beau St John Rivers qui lui fera renoncer à ce voyage : Jane ne l'aime pas et lui n'est intéressé par elle que parce qu'elle ferait une bonne épouse de missionnaire. Vite vite Jane, tu es comme Jeanne d'Arc, tu entends des voix, c'est Edward qui t'appelle et tu te mets en route vers Thornfield que tu vas trouver en ruines.


La pauvre folle aura eut finalement raison et aura dévoré tout ce qu'elle pouvait de sa prison avant d'apprendre à voler. Pauvre Edward enfermé dans la nuit et ses souvenirs !
Mais tout se termine au mieux, considérant les épreuves traversées, celle du feu, bien sûr mais aussi celle qui teste la force des sentiments.

Une très belle adaptation finement réussie

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4 commentaires:

  1. C'est une superbe adaptation en effet !

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  2. excellente en effet, à voir et à revoir....

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  3. Une très belle adaptation effectivement ! Je l'ai vue déjà il y a 4-5 ans, mais comme je suis retombée dans Jane Eyre avec le dernier film sorti (avec Mia Wasikowska et Michael Fassbender), j'en ai profité pour revisionner celle-ci. Pour moi aussi c'est la meilleure, mais je dois dire que le dernier film arrive presque au même niveau.

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    1. j'ai vu aussi le dernier film mais mon avis reste mitigé quant à sa réalisation, belle mais légèrement inférieure à ma série préférée

      tu trouveras toutes mes critiques sur les adaptations des Bronté sur ce lien :
      http://danslasalle.blogspot.com/p/bronte.html

      et en ce moment, je vais attaquer Wuthering Heights / Les hauts du hurlevent = roman puis 3 adaptations pour compléter mon carnet Brontë

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