La poupée sanglante (antenne 2, 1976)


  • Réalisateur : Marcel Cravenne
  • Genre : drame fantastique
  • Année : 1976
  • feuilleton en 6 épisodes (~50 mn)
L'histoire
Paris, 1925. Gaillard (Julien Verdier), un horloger en quête du mouvement perpétuel fabrique Gabriel (Ludwig Gaum), un automate, avec l'aide de Jacques Quentin (Dominique Leverd), son neveu chirurgien et fiancé à sa fille Christine (Yolande Folliot).
Bénédict Masson (Jean-Paul Zehnacker) observe amoureusement Christine depuis ses fenêtres situées juste en face de celles des Gaillard, mais il n'ose l'approcher car il est handicapé par son physique ingrat.
Christine et Bénédict se rapprochent car la jeune femme est obligée de rendre quotidiennement des visites de courtoisie au Marquis de Coulteray (Georges Wod), leur propriétaire, lequel ne semble pas insensible au charme de Christine malgré la présence de sa fragile épouse (Édith Scob), qui passe pour folle car elle accuse son mari d'être un vampire. Bénédict lui sert de chaperon : elle sculpte le portrait de Bessie, la marquise, tandis que Bénédict s'occupe de l'entretien de l'immense bibliothèque du marquis.
Pendant ce temps, Bénédict est tourmenté par la police sur l'affaire de ses 6 apprenties qui ont disparues inexplicablement après avoir séjourné dans sa maison de campagne. La police ne détient aucune preuve avant que Bénédict ne soit pris "la main dans le sac" si j'ose dire, en train de découper le corps de sa 7ème apprentie. Incapable de s'expliquer, il est condamné à l'échaffaud tout en criant son innocence. Avant de mourir, Bénédict accepte que Jacques prélève son cerveau pour l'implanter dans la tête de l'automate Gabriel.
(ceci forme le résumé des épisodes de 1 à 3)

Mon avis
Voici un feuilleton qui a marqué ma génération ! J'avais 12 ans quand France 2 (qui s'appelait alors Antenne 2) l'a diffusé, et je peux dire que je n'en ai pas perdu une goutte ! Quel souvenirs, m'sieurs-dames ! Vu l'histoire contée ci-dessus, on pourrait croire qu'il s'agit d'un truc d'horreur, que nenni, le sang n'est qu'un mince filet, on voit pire de nos jours dans des dessins animés.

Un scénario inspiré de deux romans de Gaston Leroux "La Poupée sanglante" et "La Machine à assassiner" parus en feuilleton dans un journal en 1923, publiés l'année suivante.

Pauvre Bénédict coincé dans un corps hideux et empêché de succomber à l'amour qu'il éprouve pour Christine, lequel le trouve vraiment trop repoussant malgré une entente cordiale basée sur l'amour de la poésie.
Et le voilà qui se retrouve avec un corps sur les bras, pauvre fou qui compte s'en débarrasser discrètement en mettant un feu de joie dans sa sinistre maison de Corbillières.
La justice tombe et avec elle le couperet. Bénédict se retrouve la tête sens dessus-dessous, ou plutôt incrustée dans le corps de l'automate Gabriel. Avec sa mémoire implacable, Gabriel/Bénédict est bien décidé à confronter le coupable des meurtres pour lesquels il a été condamné à mort.
la guillotine
(fin d'exploitation de celle-ci en 1977 en France
abolition peine de mort en France en 1981)
Mais Gabriel est une personne recherchée, il a enlevé Christine qu'il compte emmener avec lui dans sa poursuite de la vérité et sa tête est placardée partout pour qu'on le reconnaisse :
portrait robot pour l'automate Gabriel
Christine s'allie à son côté et les voilà sur la piste du marquis de Coulteray (Georges Wod), qui semble s'être acoquiné avec une secte buveuse de sang qui idôlatre la Dorga (Cathy Rosier), et qui est responsable de la mort de son épouse, la pauvre marquise qui se croyait mariée à un vampire (elle n'était pas si folle que cela !).
Bessie, la marquise de Coulteray et la Dorga
  • extrait : "Le marquis aime les contrastes : c'est le négatif de la marquise"
Comme vous le voyez, bien que la série ait bien vieilli, j'y trouve quelques traces d'humour qui m'avait certainement échappé à l'époque, de même que tout l'aspect concernant les rapports amoureux, en particulier l'impossible amour qu'éprouve Gabriel/Bénédict devenu une machine capable de sentiments mais incapables de les assouvir...

Christine, tiraillée entre son attachement pour Jacques et son amour pour Gabriel/Bénédict, est bien obligée de faire face à la réalité : point de salut possible pour un artéfact humain.
Mais les affaires reprennent, le marquis s'en prend à Christine dont il veut prélever le sang, Gabriel arrive à la rescousse et lui fait avouer tous les meurtres.
Tandis que le mystère sur le fantôme de la marquise qui s'amuse à hanter les vivants depuis sa mort est révélé : la pauvre était seulement plongée dans un état catatonique.

Une fois son honneur lavé devant témoins, il ne reste plus à Gabriel/Bénédict que le plongeon vers sa deuxième mort puisque son amour est encore plus impossible maintenant qu'il est un bel automate que lorsqu'il était un affreux bonhomme.
Qu'est-ce que ce moment était triste ! 

Un beau souvenir d'enfance qui a pris des rides, mais qui me donne envie de lire les romans.

Un feuilleton présenté pour

qui n'obtient pas une grande note avec mes critères : 1/10

"1" pour l'époque, encore proche de la période XIXème siècle, mais aucune réelle Uchronie, pas vraiment d'objets steampunk, la seule invention relevée étant l'automate Gabriel dont on n'aperçoit jamais le mécanisme sauf à la fin, cette oeuvre est plutôt de genre clockpunk ("clock" comme automatisme, ...).
Je l'avais sélectionnée car elle est référencée "Steampunk" dans un billet Wikipédia, ce n'est pas mon avis.

3 commentaires:

  1. Je ne connais pas ce feuilleton mais j'ai lu La poupée sanglante de Gaston Leroux. Un excellent souvenir de lecteur, mais je ne me souviens plus trop de l'histoire (comme cela arrive quand on lit beaucoup, lecture prenante oui mais de quoi cela parle ? ) Par contre pas lu La machine a assassiner peut-être un jour ;-)
    http://livresdemalice.blogspot.com/2009/10/gaston-leroux-la-poupee-sanglante.html

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  2. Il faut lire un excellent souvenir de lecture ;-)

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  3. le feuilleton étant très proche des romans, je présume que :
    - "La poupée sanglante" raconte l'histoire que je viens de décrire en image épisodes 1 à 3
    - "la machine à assassiner" relate toute la partie de l'enquête menée par l'automate affublé du cerveau - et de la conscience de Bénédict.
    C'est justement ce que je compte bien vérifier.

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