Jane Eyre (1944)


  • Réalisateur : Robert Stevenson
  • Genre : romance, drame, adaptation
  • Année : 1944
L'histoire
Jane Eyre (Joan Fontaine), une jeune fille rejetée par sa riche famille d'adoption passe 10 ans à l'école Lowood réputée pour sa rigueur, et c'est avec enthousiasme qu'elle prend le chemin de Thonfield Hall où l'attend un emploi de gouvernante. Elle y rencontre une atmosphère inquiétante, mais se sent, pour la première fois de sa vie, estimée pour elle-même. Elle finit par s'attacher à Edward Rochester (Orson Welles) son maître mystérieux bien que souvent imprévisible. Le mariage entre Jane et Rochester est empêché car il a déjà une épouse démente et dangereuse, tenue enfermée dans la partie supérieure de la maison. Jane quitte Thornfield et reveint après la mort de l'épouse, elle peut enfin épouser celui qu'elle aime.


Développement
Que c'est difficile pour un film de passer après une adaptation qui n'a pas les défauts que j'ai remarqué dans celle-ci, aussi brillants soient réalisteurs, acteurs et le reste ! Enfin, tout n'est pas négatif, mais la liste est longue de tout ce que j'ai remarqué d'agaçant et mes doléances ne peuvent être passées sous silence.

En outre, je viens de relire Jane Eyre, autant dire que mes impressions sont encore "toutes fraîches".
haut : Jane Eyre enfant (Peggy Ann Garner)
bas : cousin, tante (Agnes Moorehead), Blocklehurst (Henry Daniell )
Tout d'abord, j'ai aimé le début, l'actrice qui joue le rôle de Jane Eyre jeune : Peggy Ann Garner, est très bonne ! Son petit visage émacié, sa douceur, son honnêteté même face à l'intransigeance haineuse de son entourage, nous sommes de suite happés dans le tourbillon de ses futurs chagrins. Jane part confiante vers Lowood, elle s'imagine y vivre une vie d'apprentissage, elle déchante vite, car nous savons qu'à Lowood règnent la terreur, l'humiliation et le manque de soins. C'est pourquoi nous jubilons lorsque 10 années plus tard (soit au bout de 20 mn de film qui dure 1h et demi), Jane repousse l'offre d'emploi du directeur, en expliquant qu'elle veut "voyager".
Jane refuse de rester à Lowood en tant qu'enseignante
Blocklehurst est furieux
A ce stade, nous sommes dans la fantaisie, car dans le roman, Jane reste 8 ans élève et 2 ans prof. et de son plein gré ; on se demande à quoi sert une telle invention, d'autant que Jane a besoin de références et que Blockehurst, dans le roman, les lui donne pour qu'elle obtienne son emploi. Bref, passons.

A Thornfield Hall, Jane découvre la charmante petite Adèle (Margaret O'Brien), la pupille française que Rochester a adoptée lorsque sa mère, une ancienne danseuse qui fut sa maîtresse, est morte. Jane s'attache à son nouveau foyer, ses nouveaux compagnons, et voue une sorte d'adoration à son maître. Hélas, dans cette adaptation, on peut se demander pourquoi, car ces deux là ne discutent que très rarement ; de la part de Jane on constate plus de la soumission qu'un amour naissant.


Certes, le film a pris un coup de vieux, mais que dire de cette horrible coiffure de Jane/Joan Fontaine, qui couvre les oreilles de l'actrice d'un macaron de cheveux tout à fait ridicule, caprice de star ? Blanche Ingram, la pseudo fiancée de Rochester est ensevelie dans un amas de plume genre cocotte de music hall, ça ne va pas du tout avec le personnage ! je suis désolée. De plus, Rochester se débarasse de Ingram bien durement, voire de manière impolie : il y a une dispute, alors que dans le roman, Rochester lui fait juste comprendre qu'il n'est pas aussi riche que les gens le pensent et leur relation retombe naturellement.

Aucun passage de Jane qui part visiter sa tante malade, donc de Rochester qui a hâte qu'elle revienne vers lui ; assez rapidement, on voit Rochester qui demande à Jane de l'épouser, ce qu'elle accepte la pauvrette, et pour vivre encore un cauchemar puisque Rochester est déjà marié à une femme démente, dont il lui est impossible de divorcer.
cérémonie de mariage interrompue par le frère de l'épouse de Rochester 
Jane annonce à Edward qu'elle part, puis elle erre un temps avant de trouver refuge chez sa tante Reed qu'elle trouve malade et abandonnée : son fils est mort (dans ce film, il n'y a pas de cousines, mais ceci n'a pas trop d'importance au final). Ce qui me gêne le plus sont les inventions, les permutations ou les oublis dans le déroulement des événements. Ici, Jane ne trouve pas refuge chez les Rivers, ne découvre pas qu'ils sont cousins, n'hérite pas de son oncle, n'a pas une proposition de mariage de St-John, qui, elle, a toute son importance dans le roman. Jane entend la voix de Rochester, retourne à Thornfield, apprend l'incendie, découvre la cécité de Rochester, et ils tombent dans les bras l'un de l'autre pour un premier baiser (alors que dans le roman ils s'embrassent quand même avant la fin !) de cinéma, celà se voit :

Pour moi, une adaptation trèèèèèèèèèèès éloignée du roman. J'ai quand même aimé les dialogues qui respectent dans l'ensemble assez fidèlement, quand les scènes existent, l'idée originale.

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2 commentaires:

  1. Ton billet m'a bien fait rire :) Ah ! C'est tout un art d'être fidèle à un auteur :)))

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  2. j'ai beaucoup ri aussi en écrivant ce billet à voix haute

    (mine de rien j'ai mis plus de temps à écrire ce billet qu'à regarder le film : pratiquement 3 heures)

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