Buffet froid (1979)


  • Réalisateur : Bertrand Blier
  • Genre : comédie dramatique, surréalisme
  • Année : 1979

L'histoire
Alphonse Tram (Gérard Depardieu) vit en plein cauchemar : chaque nuit, il rêve que la police le poursuit. Bientôt, chaque évènement de son quotidien n'est plus qu'une succession absurde de crimes autour desquels chaque personnage agit à contre pied de ce qu'il a l'habitude de faire : une victime (Michel Serrault) donne des conseils au présumé tueur pour qu'il ne se fasse pas prendre par la police, l'assassin (Jean Carmet) se dénonce, le commissaire (Bernard Blier) se contrefout des aveux de crimes, un médecin de nuit saute sur et sa patiente et préconise des bains glacés à la farine de moutarde avant de réclamer 150 F (~20€).

Développement
Film hautement jouissif s'il en est, les dialogues sont tout à fait irrésistibles, les comédiens sont super drôles dans leur interprétation "pince sans rire" alors que je suis certaine qu'entre les prises, il devait s'en passer des vertes et des pas mûres, comme on dit.

En marge du "bien pensant", un film qui se moque de tout, cela ne m'étonne guère qu'à sa sortie les spectateurs n'aient rien compris : le fantastique n'amuse pas grand monde, alors que c'est ce qu'il y a de plus délicat, plus difficile, plus exigeant.

Etiquetté "surréaliste", ce film n'est "étrange" que parce que chaque réaction est l'inverse de celle habituellement observée en pareilles circonstances.
Pour le plaisir, et en vrac, quelques "perles" relevées :
  • le commissaire : foutez moi la paix, je ne m'occupe pas des crimes en dehors du service
  • autour de la patiente : "le coeur bat encore ? " alors que l'on constate bien que la malade est vivante
  • le docteur : oui j'ai tué, c'était quelques erreurs de diagnotique
  • l'assassin qui est effrayé : "j'ai peur de mon ombre", Alphonse lui recommande alors de marcher loin des réverbères
  • autour d'un cadavre, le commissaire qui dit "les avantages de la banlieue, c'est les terrains vagues, les mômes peuvent trouver des cadavres"
  • le commissaire qui a horreur de la musique : je suis allergique au violon
  • la propriétaire de l'hôtel particulier, chez qui un concert privé a lieu, dit au commissaire : Brahms, vous aimez ? (référence au titre du roman de F.Sagan : Aimez-vous Brahms, 1959)
Et voici mon florilège des images particulières piquées ici et là avec la couleur rouge, omniprésente dans plusieurs tableaux (ce qui est souvent le cas dans les films à tendance fantastique) :
le rouge est présent dans plusieurs scènes
Le surréalisme naît ici de la surprise, pour moi, la surprise se traduit par une immense joie. Tout simplement. Une joie pratiquement impossible à expliquer.

Et la musique générique de la fin, devinez ce que c'est ?
Brahms !
J'aime.

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