Gosford Park (2001)


  • Réalisateur : Robert Altman
  • Genre : drame, policier
  • Année : 2001
  • vu en VO
L'histoire
Campagne anglaise. Novembre 1932. Sylvia McCordle (Kristin Scott Thomas) et son époux William McCordle (Michael Gambon) reçoivent amis et famille pour une partie de chasse. La maison se remplit au fur et à mesure, chacun prend place selon la méthode parfaitement orchestrée de la loi entre les "maîtres" et les "servants". Après la partie de chasse, sir William qui s'est isolé dans la bibliothèque, est assassiné. L'inspecteur Thompson (Stephen Fry) va mener l'enquête. Mary Maceachran (Kelly MacDonald) nouvelle venue en tant que femme de chambre prend connaissance avec les usages de la maison, s'étonne d'être appelée par le nom de sa patronne au lieu du sien, observe, écoute, reçoit quelques confidences et découvre peu à peu les petits et grands secrets des hôtes, c'est au travers d'elle que l'on sera principalement au courant de ce qui se trame à tous les étages.
Mary Maceachran (Kelly MacDonald)

Développement
Voilà un film magnifique ! Rien à en redire, tout est parfait : les acteurs, le scénario, la musique, l'intrigue, le comique, les drames, etc... Beaucoup, beaucoup d'émotions tout au long des 2 heures et plus de film, mais aucun temps mort. Beaucoup de personnages, je voudrais bien les présenter tous mais cela me prendrait plusieurs heures.

Gosford Park
en réalité Wrotham Park
Nous entrons dans le film invité à Gosford Park, le manoir des McCordle, un couple mal marié (pour tout dire) : lui est un vrai coureur de jupons, elle une garce.
William McCordle entre sa belle-soeur Louisia et sa femme Sylvia
Chacun des invités prétend à tirer quelque chose de ce week-end de chasse : de l'argent, un boulot, de l'espoir, une réponse : Constance Trentham/Maggie Smith cherche à approcher William McCordle/Michael Gambon dès le début pour lui demander quelque chose, elle n'y arrive pas et nous ne saurons pas ce qu'elle voulait. Mais ce n'est pas le seul mystère de ce film, bien entendu, qui est truffé de regards couplables, de gestes cachés, de liaisons secrètes.

Et l'histoire se déroule, implacable mais non sans humour :
  • j'ai noté les réflexions sur les différences entre les anglais et américains ("les américains font les choses différemment" ou encore "c'est un américain, ne faites pas attention à lui", inversement, le réalisateur américain en pense tout autant des anglais : il leur reproche leur accent et en partant lorsqu'il demande au majordome si les anglais n'ont pas le sens de l'humour, celui rétorque : "nous l'avons si c'est drôle monsieur".
  • l'inspecteur qui mène l'enquête est fort heureusement secondé par un certain Dexter qui porte bien son nom, car l'inspecteur est un peu gaffeur, de plus, à chaque fois qu'il se présente, on lui coupe la parole et il ne peut pas donner son nom en entier. Le sieur William a été semble-t-il tué au moins à deux reprises : empoisonné puis poignardé : les policiers finissent par affirmer qu'il y a une bouteille de poison dans toutes les pièces de la maison !
  • l'inspecteur (Stephen Fry) et son adjoint Dexter (Ron Webster)
  • 3 invités ne chassent pas et c'est comme par hasard sur eux que les faisans abattus tombent à leur grand désarroi (scène très drôle) ; sur le chemin du retour, deux d'entre eux se retrouvent assis à l'arrière de la carriole où pendouillent les volatiles
  • Mrs. Croft (Eileen Atkins), la cuisinière ordonne à chaque fois qu'elle voit le petit chien de Sir William : "take that fiftly dog out of here" (emportez ce chien répugnant hors d'ici).
De l'humour donc mais nous n'occultons pas les drames :
- l'assassinat présent
- mais aussi ceux du passé où les mères sont séparées de leur enfant sous peine de perdre leur emploi...
- la fatalité qui anime les serviteurs : une scène qui me paraît importante, c'est lorsque Denton (Ryan Phillippe) un acteur d'hollywood qui se fait passer pour un valet demande à la table des serviteurs lesquels sont enfants de serviteurs, la plupart lèvent le doigt, seuls 3 indiquent leur origines : l'un fils de fermier, l'autre fille d'ouvrier et le dernier Robert Park (Clive Owen), abandonné dans un orphelinat à sa naissance. Et comme dit à un moment Mme Wilson : "je suis la parfaite servante, je n'ai pas de vie".
Robert Park (Clive Owen)
Mrs. Wilson (Helen Mirren) l'intendante et Mrs. Croft (Eileen Atkins) la cuisinière
les deux soeurs qui régissent la maison
Une galerie de comédiens (re)connus et que j'aime bien :
*haut : Claudie Blakley - Derek Jacobi- Michael Gambon
*bas : Jeremy Northam - Tom Hollander - Maggie Smith
* Claudie Blakley (rôle de Charlotte Lucas dans Pride and prejudice)
* Derek Jacobi (Cadfael)
* Michael Gambon (Dumbledore dans Harry Potter à partir du n° 3)
* Jeremy Northam (Emma l'entremetteuse)
* Tom Hollander (Pride and prejudice et présent dans de nombreux films ou séries que je vois en ce moment)
* Maggie Smith (Pr McGonagall dans les Harry Potter)

Encore une fois, un film très bien fait, une très belle photographie, un véritable ballet des classes sur fond de drame où l'on apprend que le mort n'était pas si débonnaire qu'on aurait pu le juger au premier abord.

Notons à la fin du film la distribution des acteurs selon les différentes couches sociales : l'étage des "maîtres", puis les invités et enfin les "valets" : encore de l'humour anglais, of course !
Lorsque les maîtres se divertissent
les serviteurs dansent en coulisses

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