Lost in Translation (2003)


  • Réalisateur : Sofia Coppola
  • Genre : comédie dramatique
  • Année : 2003
L'histoire
L'agent de Bob Harris (Bill Murray), un célèbre acteur américain de films d'action cinquantenaire lui a trouvé un job très bien payé qui consiste à tourner une pub pour une marque de Whisky à Tokyo. Dans son luxueux hôtel, Bob déprime un peu d'être là, à se demander où est sa place : sa femme l'appelle en pleine nuit pour lui dire des banalités, son enfant ne veut pas lui parler.
Dans le même hôtel, une jeune américaine, Charlotte (Scarlett Johansson), accompagne son mari photographe (Giovanni Ribisi) mais celui est toujours pressé de partir travailler sans se préoccuper de sa femme qui se sent bien seule dans cette grande ville tellement étrange et originale.
Bob et Charlotte font connaissance, passent un peu de temps ensemble et finissent par éprouver l'un pour l'autre une tendre complicité.
Charlotte (Scarlett Johansson) et Bob (Bill Murray)

Développement
vu en VO (anglais)
Très beau film que m'a conseillé une amie, je ne l'avais pas encore vu et je me demande bien pourquoi, c'est tout à fait le genre de film que j'aime : contemplatif, une très belle photo, une musique appropriée, des êtres humains qui se parlent et qui s'écoutent sans pour autant se sauter dessus.

L'essentiel du film se situe dans un grand hôtel (Park Hyatt) : un microsystème bien réglé, où tout est prévu pour contribuer au confort du client quelque soit l'heure, car celui-ci est souvent en proie au décalage horaire. Dans cet espace de translation, presque hors du temps, les esprits tentent de se retrouver, de se positionner : "où suis-je", "qu'est-ce que je fais ici ?", ou encore "dans quel étage j'erre ?" et de se remettre en question : "ce que je fais est-il absurde ?".

On éclate (souvent) de rire, on partage avec nos deux personnages ce sentiment d'être étrangers et perdus dans une ville incompréhensible : idéogrammes indéchiffrables,
paroles incompréhensibles (le japonais remplace les "R" par des "L") ce qui occasionne quelques jeux de mots : "lip my stocking" au lieu de "rip my stocking" (déchirez mes bas !) etc...

J'ai aimé l'ambiance générale du film, à la limite du documentaire, mais pas un documentaire voyeur, plutôt une introspection intérieure sur la manière d'affronter le sentiment de perte : perte de l'autre superposé à la perte de soi, en un sens.

Un film qui m'a fait de suite penser à :
  • Jacques Tati, pour certaines scènes farfelues (le tournage du spot publicitaire), la dame dans la chambre de Bob et ses bas (scène hilarante), ou encore le dérèglement de l'appareil dans la salle de gym (toujours se méfier des mécanismes inconnus !)
  • ou encore David Lynch pour l'apport de couleur "phare" : un peu de rouge ici et là, comme des petits feux de signalisation : le sac à main de Charlotte, les cheveux roux de la chanteuse de bar, le top rouge corail de l'ancienne copine de fac de John, etc...

Un film très émouvant à voir et à revoir !

1 commentaire:

  1. J'ai vu ce film à sa sortie en salle et il m'avait bien plus aussi !

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