Orlando (1992)


  • Réalisateur : Sally Potter
  • Genre : fantastique, drame
  • Année : 1992

L'histoire
Angleterre, 1600. Élisabeth Ire d'Angleterre s'attache à Orlando (Tilda Swinton) un jeune noble anglais et lui offre une maison pour lui et ses héritiers (mâles). Les années passent, Orlando ne vieillit pas. D'homme il devient femme, puis mère. En tout temps, il cherche la place de l'amour, de la poésie et de la liberté d'agir.
Orlando (Tilda Swinton)

Développement
Très beau film, au récit surréaliste mais subtil : critique sur la société, ses codes, ses obligations, le mariage, le célibat, la descendance, la manière dont les hommes considèrent les femmes, la liberté, ce qui reste de nous au fil du temps, mais aussi un regard sur la création en général : créer des émotions, des envies, de la joie.

Nous sommes sur un fil qui déroule sa trame sur plusieurs siècles. A chaque changement de période, l'année est précisée façon tableau de cinéma muet, de même que le propos qui se trouvera développé.

Très belle prestation de Tilda Swinton au look androgyne tout à fait réussi.
  • 1600. Death. La mort d'Élisabeth Ire (Quentin Crisp) qui demande à Orlando de ne jamais mourir.
  • 1610. Love. Orlando tombe amoureux de Sacha (Charlotte Valandrey), la fille de l'ambassadeur russe mais celle-ci s'enfuit.
Sacha (Charlotte Valandrey) et Orlando
  • 1650. Poetry. Orlando se sent l'âme d'un poète, puis décide de partir à l'étranger.
  • 1700. Politics. Orlando reste ambassadeur dans une contrée supposée en Afrique du Nord (Maroc ?)
  • 1750. Society. Orlando devient une femme, elle est autorisée à résider dans sa maison qui ne lui appartient plus car elle n'est plus un homme.
  • 1850. Sex. Orlando rencontre Shelmerdine (Billy Zane) un américain qui veut l'épouser mais il repart seul pour l'Amérique.
Orlando (Tilda Swinton) et Shelmerdine (Billy Zane)
  • de nos jours. Birth. Juste après une période de guerre, Orlando a eu une fille. Son récit est accepté par un éditeur qui lui demande d'arranger un peu la fin pour qu'elle soit heureuse. Orlando et sa fille vont en visite dans la maison d'Orlando devenue un musée.

Orlando et sa fille
J'aime beaucoup cette scène !
Un film très esthétique avec de beaux arrangements, une très belle mise en scène, une musique moderne, parfois inquiétante, comme une angoisse qui monte, une sorte de terreur indicible, l'inconnu, de larges plans comme des tableaux de maître que l'on observe en attendant d'être surpris.


Surpris nous le sommes, mais dans le bon sens. De l'humour (Orlando s'adresse parfois au spectateur). De la réflexion : "Pourquoi se battre si c'est pour perdre la vie" ? "Est-on plus libre en étant un homme ou une femme" ? Des sentiments. De quoi remplir sa tête sans la farcir avec des idioties.
..she's lived for four hundred years and hardly aged a day, and because this is England everyone pretends not to notice, but she has changed.
"Elle vit depuis plus de 400 ans et a à peine vieilli d'un jour, et parce que nous sommes en Angleterre tout le monde fait semblant de ne pas le remarquer, mais elle a changé".
Superbe réflexion n'est-ce pas ?

J'ai bien aimé la robe d'Orlando : juste après être devenu femme, Orlando est soumis à la "torture" du corset, jupe à panier fort mal commode pour avancer, ou même s'asseoir, la robe blanche ressemble d'ailleurs aux housses posées sur des meubles comme si la femme était un meuble à protéger elle aussi.


J'ai bien aimé également l'effet "miroir" de la demande de mariage d'Orlando à Sacha, puis celle de l'archiduc Harry (John Wood) à Orlando :
You're mine because I adore you.
"Vous êtes à moi parce que je vous adore."

la maison d'Orlando
cadeau de la reine Élisabeth Ire au fil des siècles
(clic pour l'image pour l'agrandir)
Hatfield House
Un film spécial mais qui vaut le coup d'oeil, adapté librement du roman de Virginia Woolf que je n'ai pas lu mais qui me tente beaucoup !

Notons la participation du chanteur Jimmy Somerville qui joue et qui chante (très reconnaissable)

ainsi que la brève apparition de Toby Stephens (Jane Eyre 2006) dans le rôle d'un comédien qui joue une représentation d'Othello devant Orlando (j'ai eu du mal à le reconnaître !!! ) :


Un film que je recommande aux amateurs de cinéma qui ne craignent pas le fantastique et la poésie !

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