Smoke (1995)


  • Réalisation : Wayne Wang
  • Scénario : Paul Auster
  • Genre : drame
  • Année : 1995
  • Durée : 1h45
  • Langue : anglais
L'histoire
Cinq personnes : Auggie Wren (Harvey Keitel) qui tient un bureau de tabac, Ruby (Stockard Channing) son ex dont il n'a pas eut de nouvelles depuis 18 ans (et demi) et qui vient lui annoncer qu'ils ont eu une fille ensemble, Paul Benjamin (William Hurt), un de ses fidèles clients, écrivain solitaire depuis la mort accidentelle de son épouse, Thomas (Harold Perrineau), un gamin paumé à la recherche de son père Cyrus (Forest Whitaker) qui sauve la vie de Paul Benjamin, lequel lui offre l'asile pour le remercier.

Développement
Adaptation d'une nouvelle de Paul Auster qui a réalisé le scénario : Auggie Wren's Christmas Story

La phrase
- You'll never get it if you don't slow down, my friend.
- What do you mean?
- I mean, you're going too fast. You're hardly even looking at the pictures.
- But they're all the same.
- They're all the same, but each one is different from every other one.

- Si tu ne ralentis pas, tu vas passer à côté mon ami.
- Que veux-tu dire ?
- Je veux dire que tu passes trop vite, tu regardes à peine les photos.
- Mais ce sont toutes les mêmes.
- Ce sont les mêmes, mais chacune est différente.
(Auggie à Paul alors qu'ils feuillètent les albums du magasin que Auggie prend en photo chaque matin à 8h00 depuis presque 11 ans).
Intérêt La présence de Paul Auster domine dans ce film, au moins pour ceux qui sont habitués à son oeuvre. C'est ce que j'ai remarqué et ce que j'ai aimé. J'ignore ce que ressent le spectateur qui ne connaît pas cet auteur mais je pense qu'il est certainement encouragé à le découvrir pour peu qu'il ait de la présence d'esprit.

Très beau film sur le destin, les destins, la filiation, l'identité, l'inspiration, l'écriture, les relations et influences entre les êtres : des thèmes chers à Paul Auster dont on perçoit la subtile implication tout au long du film qui présente une succession de "tableaux" identifiés par le prénom d'un des 5 protagonistes, tableaux reliés les uns avec les autres de la même manière que les personnages le sont.
Très beaux rôles pour Harvey Keitel (magnifique lorsqu'il raconte l'histoire de Noël à la fin) et aussi pour William Hurt qui est en quelque sorte l'alter ego de Paul Auster dans cette histoire (il a son prénom).

Planent également quelques autres images intéressantes : le pirate façon "captain Hook" avec le bandeau sur l'oeil de Ruby (Stockard Channing) et le bras mutilé de Cyrus (Forest Whitaker).

Une histoire qui n'est est pas une mais 5, 10, 1000 : l'histoire de nos influences, de nos erreurs, de la manière dont on vit avec les coups du temps et les coups du sort. Des histoires imbriquées dans d'autres comme des poupées russes : on ne sait où est la poupée qui maintient le tout mais on voudrait qu'il y ait toujours une poupée supplémentaire cachée dans la dernière observée.

Et pour boucler la boucle : le récit que tape Paul Benjamin à la fin, inspiré de l'histoire que vient de lui raconter Auggie. Une histoire "vraie" comme il le dit. Mais pour moi, toutes les histoires le sont...

A propos : savez-vous comment on peut peser la fumée d'un cigare ? (il s'agit d'une des histoires racontées dans le film)
Spoiler : [on pèse le cigare, on l'allume, on le fume et on récupère toutes les cendres que l'on place dans la balance ainsi que ce qui reste du cigare à la fin : la différence trouvée est le poids de la fumée...]

A voir !

1 commentaire:

  1. J'adore ton billet, il me fait rire car je connais le conte le Noël d'Auggie Wren,mais tu le sais voir (mon commentaire sur Des livres et des heures).
    J'aimerai beaucoup voir ce film que je ne connais pas ;-)

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